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L’Union postale universelle fait progresser une gouvernance pratique de l’intelligence artificielle pour le secteur postal

L’Union postale universelle a appelé à l’élaboration d’un cadre non contraignant fondé sur les risques afin d’orienter l’utilisation sûre, inclusive et interopérable de l’intelligence artificielle dans l’ensemble du secteur postal mondial. Cette proposition a été présentée lors du premier Dialogue mondial des Nations Unies sur la gouvernance de l’intelligence artificielle et du Sommet mondial sur l’intelligence artificielle au service du bien social, organisé par l’Union internationale des télécommunications.

En tant que réseau établi reliant presque tous les pays du monde, l’Union postale universelle (UPU) a profité de ces événements pour démontrer en quoi le secteur postal constituait un acteur essentiel du développement d’une infrastructure publique numérique fiable et inclusive ainsi que la manière dont il mettait concrètement en œuvre les principes de gouvernance de l’intelligence artificielle (IA).
 
Lors de l’événement, Siva Somasundram, Directeur des politiques, de la régulation et des marchés du Bureau international de l’UPU, a souligné le potentiel du secteur postal comme point de départ pour la mise en œuvre de cadres pratiques de gouvernance.
 
S’exprimant à l’occasion du Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA, auquel ont participé des Chefs d’État, des dirigeants des Nations Unies, des ministres et des chefs d’entreprise, le 7 juillet, Siva Somasundram a rappelé les risques liés à la gouvernance de l’IA mis en évidence dans le rapport du panel de haut niveau. Les mécanismes de protection ne progressent pas au même rythme que les capacités de l’IA, les plates-formes ne sont pas encore suffisamment auditables, les instruments de gouvernance restent fragmentés et l’interaction de multiples agents autonomes dans des systèmes connectés engendre des risques supplémentaires.
 
«Pour les chaînes logistiques, où une décision automatisée prise par un opérateur, qu’il s’agisse d’un signalement douanier, d’un choix d’acheminement ou d’un score de risque, a des répercussions immédiates sur les autres acteurs de la chaîne, il ne s’agit pas de préoccupations abstraites. Ce que le rapport qualifie de risque systémique constitue pour nous une réalité opérationnelle quotidienne», a expliqué Siva Somasundram.
 
Des principes aux garanties concrètes
 
Il a présenté deux priorités pour garantir une IA sûre, sécurisée et digne de confiance dans le secteur. La première consiste à mettre en place des approches interopérables de gouvernance aux points de rencontre des systèmes transfrontaliers. La seconde vise à intégrer, dès la conception, des mécanismes de responsabilité et de supervision afin que les décisions à fort impact, telles que la retenue en douane, le dédouanement ou le traitement des expéditions, restent sous contrôle humain et que la trace puisse en être remontée. À cette fin, il a indiqué que l’UPU réunirait des parties prenantes pour élaborer un cadre non contraignant de gouvernance, fondé sur une évaluation des risques, propre au secteur postal. Ce cadre traduirait les principes communs des Nations Unies en mesures concrètes. Il comprendrait également un socle commun de référence ainsi qu’un soutien au renforcement des capacités des Pays membres afin que la gouvernance ne devienne pas un obstacle que seuls les acteurs les plus avancés seraient en mesure de surmonter.
 
«Nous proposons le réseau postal mondial comme illustration concrète du fait que l’interopérabilité, la responsabilité et la supervision peuvent être testées et mises en œuvre internationalement et malgré des niveaux très divers de capacité», a ajouté Siva Somasundram.
 
Après le Dialogue sur l’IA, l’UPU a organisé une session intitulée «Gouverner l’intelligence artificielle agentique dans la chaîne logistique – Rôle des Nations Unies». Siva Somasundram y a participé aux côtés de Vipin Kumar, professeur honoraire d’informatique à l’Université du Minnesota et membre du Groupe scientifique international indépendant des Nations Unies sur l’IA, ainsi que de Golestan (Sally) Radwan, responsable du numérique au Programme des Nations Unies pour l’environnement.
 
La session a examiné la manière dont les Nations Unies pourraient contribuer à traduire les principes de gouvernance de l’IA en mesures concrètes et adaptées aux secteurs d’activité afin de préserver la responsabilité, la transparence et le contrôle humain, tout en maximisant la contribution socioéconomique de l’IA.
 
Siva Somasundram a souligné que l’IA était aujourd’hui utilisée dans des domaines tels que le traitement douanier avant l’arrivée des marchandises, l’optimisation de l’acheminement et des réseaux, la gestion des exceptions ainsi que le service à la clientèle. Ces applications s’appuient sur des données transfrontalières fiables pour prendre des décisions concernant les expéditions postales. Il a présenté l’élaboration d’un cadre sectoriel comme une priorité absolue pour gérer les implications transfrontalières de ces technologies et faire en sorte que les réseaux postaux demeurent inclusifs et sûrs pour tous les utilisateurs. Le leadership de l’UPU dans ce processus garantit une action coordonnée à l’échelle mondiale.
 
Le cadre développé par l’UPU devrait également présenter des principes de base pour l’ensemble du secteur de la logistique, favorisant ainsi l’interopérabilité.
 
Mettre en place une coalition
 
Le 8 juillet, Siva Somasundram a représenté l’UPU au déjeuner-table ronde des dirigeants des Nations Unies organisé dans le cadre du Sommet sur l’IA au service du bien social. Cette rencontre a permis aux hauts responsables des entités partenaires des Nations Unies de revenir sur les conclusions du Dialogue mondial et d’identifier des opportunités de collaboration pour les mettre en œuvre.
 
Le secteur postal offre un environnement opérationnel concret dans lequel les principes de gouvernance de l’IA peuvent être traduits en applications réelles et pratiques. Siva Somasundram a indiqué que l’UPU sollicitait les contributions des diverses parties prenantes, notamment des gouvernements de ses Pays-membres, des organisations internationales, des partenaires du développement et des entités du secteur privé.