À mesure que les gouvernements accélèrent leur transformation numérique, garantir que chacun puisse bénéficier des services numériques reste l’un des grands défis de la société de l’information. Tout au long du Forum de suivi du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) de 2026, qui s’est tenu à Genève du 6 au 10 juillet, l’Union postale universelle (UPU) a montré comment les réseaux postaux contribuent à réduire la fracture numérique en reliant les citoyens, les gouvernements et les entreprises grâce à des infrastructures publiques de confiance. Dans une série de sessions et de dialogues de haut niveau, l’UPU a souligné le rôle des postes dans l’élargissement de l’accès à l’administration en ligne, aux services financiers numériques, au commerce électronique et à la connectivité, en particulier pour les communautés rurales et mal desservies.
Un thème central s’est dégagé lors d’une session conjointe de l’UPU et du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies consacrée à l’administration en ligne inclusive. Les intervenants ont insisté sur le fait que les gouvernements doivent aller au-delà des seules plates-formes en ligne s’ils veulent atteindre les 2,2 milliards de personnes qui restent hors ligne ainsi que les nombreuses autres qui ne disposent pas d’une connexion numérique suffisante. Les services numériques devraient plutôt être fournis par plusieurs canaux combinant technologie et infrastructure locale de confiance.Kevin Hernandez, expert en inclusion numérique à l’UPU, a présenté la fourniture de services multicanaux comme une pratique émergente exemplaire en matière de gouvernance numérique inclusive.
« La capacité des personnes à participer à la société dépend de plus en plus des technologies numériques, ce qui expose ceux qui ne sont pas véritablement connectés au risque d’être laissés pour compte, a-t-il déclaré. Les gouvernements et les acteurs du développement doivent adopter une approche multicanale afin de garantir que personne ne soit exclu. »
Avec plus de 650 000 bureaux de poste dans le monde, les opérateurs postaux mettent à la disposition des gouvernements des infrastructures de confiance, du personnel qualifié et des systèmes de paiement pouvant soutenir des services publics numérisés. Kevin Hernandez a souligné que plus de la moitié des opérateurs postaux de 153 économies fournissent déjà des services d’administration en ligne, tout en demandant davantage d’investissements, une meilleure connectivité et des cadres réglementaires favorables pour exploiter pleinement le potentiel du secteur.

Les expériences nationales présentées lors de la session sont venues illustrer concrètement cette approche. En Égypte, des milliers de bureaux de poste ont été intégrés à la plate-forme Digital Egypt, tandis qu’au Kenya les centres de services intégrés Huduma, dont la moitié se trouvent dans des bureaux de poste, permettent aux citoyens d’accéder à des services numériques d’administration avec l’aide d’un personnel formé.
« L’inclusion n’est pas un effet secondaire de la transformation numérique. C’est un choix de conception, a déclaré Dennis Chepkwony, Directeur du fonds pour le service universel de l’Autorité des communications du Kenya. Une administration en ligne inclusive ne consiste pas à forcer chaque citoyen à faire ses démarches en ligne. Il s’agit d’utiliser les infrastructures numériques pour activer des canaux variés et accessibles qui touchent les citoyens là où ils se trouvent. »
L’importance d’institutions publiques en ligne de confiance a également été soulignée lors d’une autre session coorganisée par l’UPU, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture ainsi que la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques, consacrée à la manière dont les bureaux de poste et les bibliothèques peuvent accélérer l’équité numérique. S’appuyant sur de nouvelles recherches, les intervenants ont montré que les fonds de service et d’accès universels soutiennent déjà la connectivité, la culture numérique et les services publics par l’intermédiaire de ces institutions d’ancrage communautaires. L’UPU a mis en avant des exemples au Zimbabwe, à Maurice et au Botswana, tandis que les participants ont demandé des faits plus probants, un financement durable et une coopération plus étroite pour maximiser leur effet.
Le rôle des réseaux postaux en faveur d’un développement inclusif et durable a également été mentionné lors du dialogue de haut niveau intitulé « Smart City Leaders’ Talk » du SMSI. À cette occasion, Siva Somasundram, Directeur des politiques, de la régulation et des marchés à l’UPU, a montré comment les infrastructures postales existantes peuvent aider les collectivités locales à faire progresser à la fois la transition numérique et la transition écologique. En s’appuyant sur des exemples allant du soutien aux petites entreprises à l’élargissement des services d’administration en ligne, en passant par la veille environnementale réalisée grâce aux véhicules postaux, il a montré comment les réseaux postaux traduisent les politiques mondiales en actions concrètes au niveau local.
« Les normes mondiales et tout le travail que nous accomplissons en tant qu’organisations internationales doivent avant tout être utiles aux populations locales et leur apporter des avantages réels », a-t-il affirmé.

Le message de l’UPU a également trouvé un écho lors du dialogue de haut niveau des dirigeants des Nations Unies du SMSI consacré au leadership en faveur d’une transformation numérique inclusive, fiable et durable. Masahiko Metoki, Directeur général du Bureau international de l’UPU, y a rejoint des dirigeants internationaux pour discuter de l’avenir de la coopération numérique. Soulignant que le renforcement de la connectivité au sein du réseau postal mondial peut ouvrir aux communautés du monde entier une porte d’entrée sur le commerce électronique, l’administration en ligne et les services financiers numériques, il s’est félicité de la reconnaissance des postes comme institutions d’ancrage favorisant l’inclusion numérique dans le document final du SMSI+20. « L’UPU continuera à travailler avec ses partenaires pour connecter les bureaux de poste, développer les services numériques et contribuer à ce que personne ne soit laissé de côté », a déclaré Masahiko Metoki.
Dans l’ensemble, ces discussions ont réaffirmé que la réussite d’une transformation numérique inclusive ne dépend pas seulement du développement de nouvelles technologies, mais aussi d’une meilleure utilisation des institutions de confiance déjà au service des communautés. Tout au long du forum, l’UPU a montré que les réseaux postaux deviennent des partenaires stratégiques des gouvernements en élargissant l’accès aux services publics, en renforçant l’inclusion numérique et en contribuant à ce qu’aucune communauté ne soit laissée pour compte.