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L’UPU plaide en faveur d’une coopération mondiale renforcée pour améliorer la cyberrésilience dans le commerce électronique et la logistique

La cyberrésilience est devenue un impératif stratégique pour la logistique et le commerce électronique mondiaux. Les gouvernements, les opérateurs postaux et les partenaires sectoriels doivent travailler main dans la main pour protéger les réseaux interconnectés qui sous-tendent le commerce international.

Tel était le message central de la session intitulée « The Global Shield:  Collaborative Cyber Resilience for Global E-Commerce and Logistics » (« Bouclier mondial – Cyberrésilience collaborative pour la logistique et le commerce électronique mondiaux »), organisée par l’Union postale universelle (UPU) dans le cadre du Forum de suivi du Sommet mondial sur la société de l’information (FSMSI) de 2026, tenu à Genève du 6 au 10 juillet 2026. Le débat a porté sur la manière dont l’action collective pouvait renforcer la cybersécurité au sein de l’écosystème postal et logistique mondial.

En préliminaire au débat, Mayssam Sabra, spécialiste de la gestion des activités à l’UPU et modératrice de la session, a rappelé que le commerce électronique allait bien au-delà des simples plates-formes d’achat en ligne. Chaque achat effectué sur Internet mobilise un réseau complexe d’opérateurs postaux, d’autorités douanières, de compagnies aériennes, d’entrepôts et de systèmes de transport, ce qui fait qu’une cyberattaque contre un maillon de cette chaîne logistique peut avoir des répercussions considérables.

« Aucun pays, aucun opérateur postal, aucune organisation, aucune entreprise ne peut se protéger seul.  Nous devons protéger le réseau ensemble », a-t-elle déclaré, soulignant la nécessité d’une défense collective à l’échelle des secteurs postal et logistique mondiaux.

Le débat s’est appuyé sur les conclusions préliminaires d’une enquête sur la cybersécurité réalisée par l’UPU à la fin de 2024. Présentée par Andre Pharand, expert du secteur de la messagerie, de l’express, du colis et de la poste, l’enquête avait recueilli les réponses de 152 des 192 Pays-membres de l’UPU, soit un taux de participation de 76%.

Les réponses ont révélé d’importantes lacunes en matière de préparation face aux cybermenaces. L’adoption de mesures élémentaires de cyberhygiène reste inégale, notamment dans les domaines de la gestion des risques, de la réponse aux incidents et de la gestion de crise. Les répondants ont également signalé une augmentation de la charge de travail liée à la cybersécurité sans augmentation parallèle du budget, tandis que seuls environ un tiers des opérateurs étaient en contact avec les équipes nationales de réponse aux incidents informatiques. Beaucoup ont exprimé le besoin d’un meilleur accès à la formation, au financement et à l’expertise technique.

« Il y a clairement une marge d’amélioration, a déclaré M. Pharand. Nous avons l’occasion d’aider les postes disposant de moins de ressources à atteindre le niveau requis pour réduire les risques au minimum. »

Massimiliano Aschi, spécialiste principal de la cybersécurité à Poste Italiane et Président de l’équipe d’experts de l’UPU sur la cyberrésilience, a averti que le cybercrime organisé et l’utilisation malveillante de l’intelligence artificielle rendaient les attaques plus rapides, plus sophistiquées et de plus en plus difficiles à prévenir.

« La collaboration entre les acteurs d’un même secteur ainsi que la coopération intersectorielle ne relèvent plus du choix, mais d’une nécessité incontournable », a-t-il affirmé, insistant sur le fait que la cyberrésilience devait être abordée d’un point de vue systémique plutôt que fragmenté.

La session a également mis en lumière la réponse concrète apportée par l’UPU dans sa proposition de travail thématique 309, adoptée par le Conseil d’exploitation postale à la suite du Congrès de Doubaï 2025, qui vise à établir un niveau minimal de référence en matière de cybersécurité pour le secteur postal et prévoit une feuille de route, des formations et un soutien au renforcement des capacités pour les opérateurs les moins avancés.

« Notre réseau mondial n’est sécurisé qu’à la hauteur de son opérateur le plus vulnérable, a déclaré Tracy Hackshaw, responsable de la gestion des activités .POST à l’UPU. Nous mettons en place un cadre mondial dans lequel la cyberrésilience n’est pas un luxe réservé à ceux qui disposent des ressources nécessaires, mais un service de base standard pour tous. »

Les intervenants ont également mis en avant plusieurs initiatives opérationnelles de l’UPU, notamment POST-ISAC (centre d’analyse et de partage d’informations pour le secteur postal et logistique), qui permet un partage sécurisé des renseignements sur les menaces au sein du secteur postal, TRUST.POST et le domaine de premier niveau .POST, ainsi que SECURE.POST, qui proposent des identités numériques de confiance, des outils pratiques de cybersécurité et des ressources de sensibilisation.



L’initiative POST-ISAC a également été reconnue en tant que projet nominé aux prix du SMSI de 2026 dans le cadre de la grande orientation C5 du SMSI: « Instaurer la confiance et la sécurité dans l’utilisation des technologies de l’information et de la communication ». Cette reconnaissance soulignait le rôle de POST-ISAC dans le renforcement du partage d’informations, du développement des capacités et de la défense coordonnée contre les cybermenaces au sein des Pays-membres de l’UPU.

Les participants ont par ailleurs insisté sur l’importance de renforcer la coopération avec les autorités nationales de cybersécurité, les équipes de réponse aux urgences informatiques, les centres sectoriels de partage et d’analyse d’informations, le Forum of Incident Response and Security Teams et l’Organisation mondiale des douanes afin d’améliorer la résilience sur l’ensemble des chaînes logistiques mondiales.

En conclusion, les intervenants se sont accordés sur le fait que la cyberrésilience n’était plus uniquement un défi technique, mais constituait désormais une responsabilité partagée nécessitant confiance, coordination et soutien durable aux opérateurs disposant de ressources limitées. Le renforcement de la défense collective du réseau postal mondial sera essentiel pour garantir des services de commerce électronique et de logistique sûrs, résilients et fiables, au bénéfice des entreprises et des citoyens du monde entier.