L’UPU appelle à une meilleure coordination en matière de régulation de la chaîne logistique

Masahiko Metoki, Directeur général du Bureau international de l’Union postale universelle, a averti que les changements rapides et non coordonnés apportés aux règles douanières dans le monde menacent la pérennité du service postal universel et risquent de priver les petites entreprises et les populations vulnérables des avantages du commerce électronique transfrontalier.

À l’ouverture de la séance plénière du Conseil d’administration de l’UPU, M. Metoki a appelé les 192 Pays-membres de l’Union à coordonner en amont leurs actions en matière de réglementation de la chaîne logistique afin de préparer les réseaux postaux à l’entrée en vigueur de nouvelles prescriptions.
 
«Si nous ne réagissons pas de manière collective et décisive, les conséquences sur les échanges postaux internationaux pourraient être majeures, voire irréversibles», a déclaré le Directeur général.
 
Quels sont les enjeux?
 
Selon l’UPU, les mesures non coordonnées adoptées par chaque pays alourdissent les contraintes opérationnelles et augmentent les coûts de mise en conformité, car les opérateurs et leurs partenaires doivent fournir de nouvelles informations, percevoir et reverser des paiements anticipés pour un volume accru d’envois, mettre rapidement en place de nouveaux systèmes informatiques et de nouvelles procédures et assumer de nouvelles responsabilités. Les coûts peuvent devenir prohibitifs et les opérateurs peuvent avoir des difficultés à se préparer dans les délais, notamment dans les pays en développement et les pays les moins avancés. Les transporteurs peuvent également refuser d’assumer les responsabilités croissantes qui leur incombent. Il pourrait en résulter une hausse des coûts pour la clientèle, une dégradation de la qualité de service, voire la fermeture de certains couloirs postaux.
 
En définitive, ce sont les groupes vulnérables qui subissent ces répercussions, notamment les microentreprises et les petites et moyennes entreprises (MPME), qui dépendent du réseau postal en raison de son accessibilité, de sa prévisibilité et de son coût abordable. Si le recours aux circuits de fret peut être financièrement plus avantageux pour les grandes plates-formes, cette option peut rester hors de portée des MPME qui expédient de faibles volumes, en particulier celles établies dans des zones rurales ou isolées.
 
L’UPU a réagi sans délai face aux changements imminents. Elle a facilité le dialogue entre les Pays-membres sur les questions encore en suspens concernant les nouvelles réglementations, rapidement adapté ses normes de messagerie aux nouvelles exigences en matière de données et mis à disposition une solution mondiale de rendu droits acquittés (DDP) adaptée aux exigences douanières propres à chaque pays.
 
Alors qu’un nombre croissant de pays annoncent leur intention d’adopter une réglementation similaire, une approche réactive n’est plus viable. M. Metoki a reconnu le droit souverain des pays de faciliter le commerce légitime et de renforcer la sécurité de la chaîne logistique, tout en appelant à une coordination accrue en amont afin de préparer l’ensemble du réseau à l’entrée en vigueur de nouvelles règles.
 
Premiers effets
 
Deux changements récents de politique montrent à quelle vitesse une seule modification peut se répercuter sur l’ensemble du réseau postal mondial.
 
En août 2025, les États-Unis d’Amérique ont supprimé leur exemption de minimis et ont commencé à appliquer des droits de douane différenciés selon le pays d’origine sur les marchandises arrivant par voie postale. Les volumes ont chuté de 70% au cours du mois où cette mesure est entrée en vigueur et, en quelques semaines, plus de 40 pays ont cessé d’expédier des marchandises vers les États-Unis d’Amérique. Un an plus tard, 30 de ces couloirs d’échange ont rouvert.
 
En juillet 2026, l’Union européenne (UE) a commencé à appliquer un droit uniforme de 3 EUR par envoi sur les marchandises à l’importation. Le tonnage agrégé a diminué de 31% au cours de ce mois.
 
D’autres changements entreront prochainement en vigueur. À compter du 1er novembre, l’UE exigera des identifiants de produits supplémentaires. Aux États-Unis d’Amérique, Customs and Border Protection (Service des douanes et de la protection des frontières – CBP) a fixé au 22 octobre la date limite pour la transmission aux organismes publics partenaires de données plus détaillées sur le contenu et l’origine des marchandises. Toutefois, à la mi-octobre, le CBP a prorogé ce délai de quatre-vingt-dix jours pour laisser à ses partenaires le temps de se préparer.
 
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Contact pour les médias
Yana Brugier
Coordonnatrice «Relations extérieures et partenariats»
Direction de l’administration et du Cabinet
Union postale universelle
Adresse électronique: brugiery@upu.int
 
À propos de l’Union postale universelle
Créée en 1874, l’Union postale universelle est une institution spécialisée des Nations Unies en charge du secteur postal. Avec 192 Pays-membres, elle constitue le principal forum de coopération entre les acteurs du secteur postal, qui permet d’entretenir un véritable réseau universel proposant des produits et des services modernes. Ainsi, l’organisation remplit un rôle de conseil, de médiation et de liaison et fournit, s’il y a lieu, une assistance technique. Elle fixe les règles des échanges de courrier international et formule des recommandations pour stimuler la croissance des volumes de la poste aux lettres, des colis et des services financiers et pour améliorer la qualité de service pour la clientèle.