En 2024, l’initiative Operation African Star de l’UPU a contribué à freiner le trafic de stupéfiants transitant par la poste en Afrique de l’Est. Les principaux partenaires de la chaîne logistique mondiale travaillent désormais à reproduire cette réussite en Asie.
Du 2 au 4 juin 2026, les principaux partenaires de la chaîne logistique mondiale se rassembleront au INTERPOL Global Complex for Innovation, à Singapour, pour la première réunion de coordination de la chaîne logistique de lutte contre le commerce illicite («Illicit Supply Chain Coordination Meeting» – ISCM) – une nouvelle initiative visant à lutter contre la menace croissante que représente le trafic de marchandises illégales transitant par le biais des réseaux de la poste et de fret dans l’ensemble de l’Asie.Au fur et à mesure que les chaînes logistiques gagnent en complexité et que le commerce électronique facilite l’expédition anonyme, les opérateurs postaux, les régulateurs et les agents douaniers rencontrent de plus en plus de difficultés à identifier les expéditions illicites, en particulier les cigarettes électroniques, les produits contenant du tabac et de la nicotine, ainsi que les médicaments illicites. Le retrait de ces marchandises est devenu une priorité absolue, car elles représentent un danger grandissant, sont fréquemment destinées aux enfants, ne comportent pas les avertissements sanitaires obligatoires, contiennent des ingrédients non déclarés et parviennent aux consommateurs sans contrôle adéquat. Toutefois, la lutte contre les produits illicites non contrefaits demeure particulièrement compliquée à coordonner efficacement, ce qui rend indispensable une collaboration intersectorielle par le biais d’initiatives telles que la réunion ISCM.
Répliquer la réussite
La source d’inspiration de la réunion ISCM est claire. En 2024, l’UPU, l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) et les Gouvernements du Kenya et de l’Ouganda ont décidé de lutter contre l’exploitation criminelle des services postaux et de fret aérien pour distribuer des médicaments illicites et des substances synthétiques et psychotropes dangereuses dans toute l’Afrique de l’Est. Le projet, connu sous le nom «Operation African Star», a été une véritable réussite: sur quatre jours, les autorités ont saisi plus de 115 000 unités et 1,15 kilogramme de produits pharmaceutiques non autorisés, falsifiés, de piètre qualité ou fabriqués illégalement. Cette réussite a attiré l’attention des acteurs majeurs du secteur de la sécurité à l’international et a démontré l’efficacité d’une action intersectorielle et coordonnée.
«L’initiative Operation African Star a révélé que les partenariats intersectoriels sont indispensables pour lutter contre les réseaux dynamiques du commerce illicite», explique Jacob Gholson, responsable de la sécurité de l’UPU.
«Une conclusion majeure tirée d’Operation African Star était que les principaux avantages provenaient de la composition des équipes chargées d’appliquer la loi qui comprenaient des représentants issus de multiples secteurs, de la communauté internationale et du secteur réglementé, chaque équipe étant dotée de compétences, d’une expertise et de ressources complémentaires. Non seulement cette approche a permis de saisir un nombre important de lots et d’entamer de nouvelles enquêtes pénales, mais elle a surtout ouvert la voie à une coopération durable et renforcée parmi les différents participants», déclare-t-il.
Par exemple, la mission Operation African Star de 2025 était centrée autour du programme pilote sur la traçabilité des produits pharmaceutiques, facilité par la National Association of Boards of Pharmacy (Association nationale des ordres des pharmaciens).
Tirer parti des partenariats
En exploitant cette dynamique et les enseignements tirés, l’UPU, l’OICS, le Bureau des douanes et de la protection des frontières des États-Unis d’Amérique, les investigations de la Sécurité intérieure, INTERPOL, le Service d’inspection postale des États-Unis d’Amérique et d’autres acteurs sectoriels réglementés ont formé un groupe directeur informel visant à mettre en place une initiative transversale pour lutter contre le commerce illicite, avec l’Asie comme prochaine étape.
Sous l’égide du groupe informel, la réunion ISCM a rassemblé des partenaires majeurs dans les domaines de la poste, de la sécurité, des douanes, du transport et du fret émanant de l’ensemble de la région pour examiner les réseaux illégaux, partager les pratiques exemplaires et, surtout, travailler collectivement à l’élimination de ces réseaux.
Matthew Nice, Chef du Global OPIOIDS Project de l’OICS et expert de l’OICS sur les efforts internationaux d’interception, déclare que «la nature en constante évolution du commerce illicite exige des réponses rapides de la part des acteurs impliqués pour identifier des stratégies efficaces de mise en œuvre. En réunissant l’expertise de ces organismes chargés de l’application de la loi et du secteur privé, l’ISCM marque une première étape pour créer une coalition en Asie.»
Les opérateurs postaux, les agences douanières, les régulateurs et les acteurs du secteur concernés par la lutte contre le commerce illicite en Asie sont invités à participer. Veuillez contacter ariel.facciolifernandes@un.org pour de plus amples informations.